lundi, avril 30, 2007

Les effets du stress sur le vécu sexuel

La sexualité personnelle et à plus forte raison l’entente sexuelle dans le couple sont facilement affectées par les aléas de la vie qui affectent nos états d’âme et provoquent par le fait même des soubresauts dans l’harmonie conjugale.

Les inconvénients sexuels qu’éprouvent les gens vivant un excès de stress se regroupent sous deux catégories: les troubles du désir et les dysfonctions sexuelles reliées soit à l’excitation ou à l’orgasme.

les troubles du désir

Il faut tout d’abord distinguer entre une absence de libido qui semble avoir toujours existé (problème de désir primaire), et une panne de désir qui survient à un moment donné (problème secondaire ou situationnel).

Dans le premier cas, la personne n’éprouve à toutes fins pratiques aucun besoin ni désir sexuel. Non seulement ça ne lui dit rien et ne lui manque vraiment pas mais il y a absence de fantasme sexuel et de rêve érotique et aucune tendance à la masturbation. Les seuls inconvénients ressentis par ces individus sont soit un certain degré de culpabilité puisqu'ils en privent leur partenaire ou encore une inquiétude à se percevoir comme “pas normal”.

Dans le cas d’une perte ou d’une baisse de désir (secondaire), la personne affectée traverse une phase où la sexualité ne l’intéresse pratiquement plus. Les fantasmes disparaissent presque complètement et la fréquence masturbatoire est considérablement réduite, soit parce que les gens n’ont pas l’idée à cela ou encore parce qu’ils n’en retirent qu’une faible satisfaction.

Une expression que les gens concernés utilisent souvent pour décrire leur vécu dans ces périodes là: c’est le calme plat !

quelques mots sur les causes

Si on essaie un peu de comprendre ce qui peut amener une telle situation, on constate que les causes sont d’ordre différent selon qu’on fait référence à quelqu’un qui n’a jamais eu de désir sexuel ou à un individu qui se voit momentanément confronté à de tels changements.

Chez les gens qui n’ont jamais eu de désir sexuel, il peut s’agir de personnes qui ont été fortement marquées soit par une éducation répressive, des images dévalorisantes de la sexualité. Certaines causes d’ordre anatomique, médicales ou pharmacologiques peuvent également expliquer cette situation.

Mais dans le cas des gens chez qui survient une baisse de désir à un moment donné, on les divise en deux catégories; ceux qui subissent une baisse de désir sexuel généralisée ou les autres, c’est-à-dire ceux qui n’éprouvent plus de désir à l’endroit d’une personne en particulier, habituellement la/le partenaire.

Pour les premiers, le problème peut apparaître en réaction à une nouvelle situation devant laquelle ils ont de la difficulté à s’adapter. Mais la difficulté pourrait également dépendre de causes aussi diverses que disparates que:
• stress, surmenage, effets secondaires d’antidépresseurs,
• préoccupations professionnelles ou financières, réorientation de carrière,
• être sur le point de réussir un gros coup, quelque chose d’important pour soi.
• cela peut aussi être le cas de “workaholics”
• des inquiétudes concernant ses propres performances, etc.
• une diminution progressive de l’excitation sexuelle provoquée par des facteurs peu flamboyants mais tout à fait normaux comme l’habituation ou la routine.
• l’insistance exagérée à vouloir toujours enrober la rencontre sexuelle d’une auréole romantique ou amoureuse; en d’autres termes, à toujours vouloir Faire l’Amour et à ne jamais oser dire son désir de tout bonnement baiser, de s’envoyer en l’air et de jouir, un point, c’est tout.

panne de désir ou guerre de pouvoir

Quant à ceux dont la baisse de désir est clairement orientée vers une personne en particulier, alors on ne devrait normalement pas parler de perte de désir mais d’une manifestation d’un conflit non réglé qui empêche un rapprochement.

D'ailleurs, dans ces cas là, on remarquera souvent que le patient réagit positivement à des pensée érotiques ou lubriques référant à une autre personne. Autrement dit, dès qu’on pense à quelqu’un d’autre, le désir revient « comme par magie »

Trop de dossiers furent étiquetés comme des problèmes de désir alors qu’il s’agissait en fait plutôt d’une guerre de pouvoir entre partenaires.

Il ne faut jamais perdre de vue que l’ambiance entourant le désir d’un rapprochement sexuel ou son boycott est souvent le reflet du climat et du genre d’échanges que les partenaires ont entretenus eux.

Et cela vaut pour les heures et parfois même les journées précédant cette rencontre amoureuse. Alors quand on a une crotte sur le cœur, on profite de l’occasion pour se faire justice en refusant de réagir positivement.

En réalité, ces personnes résistent à se laisser aller à éprouver du plaisir dans les bras de quelqu’un qui, quelques heures auparavant, leur tapait sur les nerfs ou les décevait, quelle qu’en ait été la raison. Et quand la chose se répète, ces effets font tache d’huile.

Comme on peut le constater, ce n’est donc pas vraiment une perte de désir sexuel qu’ils vivent, mais davantage le fait qu’ils n’éprouvent plus de plaisir et encore moins de désir avec cette personne-là ! Le problème est d'abord relationnel.

En conséquence, il faut réévaluer l’intérêt qu’on a l’un pour l’autre et son implication dans le couple. C’est donc dire qu’un sexologue qui joue bien son rôle verra à leur suggérer de démêler les enjeux de leurs pertes de désir. Il s’agit d’éviter que l’accord sexuel fasse les frais de tous les autres accrochages.

difficultés au niveau de l’excitation

Bien que certaines réactions à l’excitation soient typiquement masculines ou féminines, il importe de souligner qu’au plan physiologique (vasodilatation), le manque de désir aura des impacts négatifs équivalents chez les deux sexes.

En clair, ils se traduiront par une carence de lubrification chez la femme alors que le mâle éprouvera des difficultés avec son érection.

Chez la femme, cette faible lubrification rendra la pénétration douloureuse et souvent même difficile, ce qui contribue à inhiber encore davantage le désir.

Chez l’homme, c’est évidemment la facilité avec laquelle il entrera en érection de même que le degré de rigidité obtenu qui sont tout d’abord hypothéqués. La durée de la période au cours de laquelle il restera en érection par la suite est aussi très sujette à la force de son excitation.

Dans bien des cas, l’anxiété de performance peut faire des ravages à ce propos. Les problèmes physiologiques et des conditions comme l’éthylisme ou certains effets secondaires de médication peuvent également affecter l’érection.

Chez les deux sexes, il peut arriver qu’on ait accumulé suffisamment de stress ou d’agressivité envers l’autre pour qu’on ne soit plus réceptif à l’excitation.

Mais surtout, on oublie trop souvent que les changements reliés à l’évolution normale de la réponse sexuelle selon l’âge ou même selon le mûrissement d’une relation peuvent aussi affecter le degré d’excitation car cela ne ressemble hélas pas éternellement à du tout nouveau, tout beau!

D’où le besoin de nourrir le désir afin de renouveler l’intérêt et l’excitation.

problèmes reliés à l’orgasme

On sait que les ébats sexuels ne mènent pas toujours à un orgasme qui soit satisfaisant et bénéfique, tant au niveau du plaisir sexuel que dans son objectif physiologique qui est de permettre une chute de tension, laquelle est normalement ressentie comme la jouissance orgasmique.

Il arrive souvent, par exemple, que les hommes “échappent” très tôt leur éjaculation, ce qui entraîne un mini-orgasme, souvent plus frustrant qu’épanouissant.

Chez les femmes, plusieurs d’entre elles n’arrivent pas à l’orgasme ou, quand elles y parviennent, le font au prix d’efforts et de concentration, comme si la chose relevait d’un travail laborieux, ce qui n’est rien pour aider à nourrir leur désir !

Dans ces deux cas, une importance trop grande accordée à l’effort et à la volonté produit des effets contraires à ceux qu’on aurait souhaités.

Il y a des choses qui ne se commandent pas...et le plaisir, tout comme le goût de la tarte aux pommes, en font partie !

suggestions d’ordre général

Une des premières démarches conseillée à la femme qui veut améliorer sa capacité orgasmique consiste en l’appropriation (au lieu de la délégation au partenaire) de sa vaginalité jumelée avec l’adoption “d'attentes réalistes” selon l’expression de Leonnie Barbach.

Chez les hommes, il faut s’entrer dans la tête que la capacité de savourer l’excitation sans “éclater” prématurément ne vient pas d’une plus grande capacité de résister à des sensations exquises sans broncher. À quoi ça sert de se retrouver dans un lieu délicieux si on s’efforce de ne pas le ressentir !

Il faut au contraire en profiter au maximum sans perdre la carte. L’important pour ce faire, c’est d’arriver à bien doser les niveaux d’excitation, un peu comme un gourmet sait savourer les aliments et prolonger les jouissances du palais ! Sans quoi, la rencontre sexuelle devient, elle aussi, une autre épreuve d’endurance.

En définitive, l’activité sexuelle satisfaisante (selon ses choix), contribue de façon significative à favoriser l’équilibre psychosomatique de l’être humain et, en ce sens, devient une des composantes de la qualité de vie, l’ultime antidote du stress.

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- propos tirés de mon volume : Les gens épanouis.. réussissent mieux ! (Quebecor, 2003) désormais disponible par mon entremise, via : info@andregareau.com

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